Géographie

PRESENTATION DU CADRE GEOGRAPHIQUE

 Penka-Michel est l’un des cinq arrondissements du département de la Menoua, localisé entre 5°21’52’’ et 5°31’41’’ de latitude Nord, et 10°7’39″ et 10°20′ de longitude Est. Il est composé des groupements Balessing, Baloum, Bamendou et Bansoa, limité au Nord par l’arrondissement de Batcham, au Sud par l’arrondissement de Fokoué, à l’Ouest par l’arrondissement de Nkong-ni et à l’Est par l’arrondissement de Bamendjou. Penka-Michel couvre une superficie d’environ 256 km2 avec une population estimée à 62 610 habitants en 1987, 100 121 en 2004 et selon le 3e Recensement Général de la Population et de l’Habitat de 2005, cette estimation passe à 65.135 Habitants, ce qui s’explique par un fort taux d’exode rural des jeunes qui se déplacent vers les zones urbaines ou vers de nouvelles terres agricoles. L’altitude moyenne y est de 1500 mètres.

 1) Le milieu physique a-  Le relief

 De façon globale, le relief de Penka-Michel s’inscrit dans le grand sous-ensemble topographique du Bamiléké central qui, un peu plus complexe que tout le reste, est fait d’un monde d’interfluves séparés par un lacis de vallées hydromorphes de  quelques dizaines de mètres de large, colonisées par des raphiales. Toutefois, par rapport à l’ensemble des Hautes Terres de l’Ouest, le paysage de Penka-Michel est marqué par une topographie peu prononcée, qui attire de ce fait l’attention du géographe. Ce relief est celui d’un plateau, sur lequel se dressent quelques collines aux allures convexo-concaves dont les pentes ont une déclivité de 8 à 12 %, alors que les vallées sont rétrécies généralement et  peu profondes. Exceptionnellement, certaines vallées y atteignent plus de 100 mètres de profondeur. Il s’agit du bas-fond de Balefock, au sud de Bamendou et celui  longeant respectivement Bamendou (Nord), Balessing et Bansoa, le long de la rivière dénommée Metsue à Bamendou et Tchoumeka’a à Balessing. Cette allure générale du relief Penka-Michelois est un tout petit  peu contredit au sud-est de la région à Baloum où la topographie est plus accidentée, car profondément entaillée par des vallées à guidage tectonique, alternées des montagnes à versants raides, où le mont Bani règne en maître avec ses 1921 mètres. En combinant le mont Bani, édifice le plus élevé et le bas-fond Tchoumeka’a, la vallée la plus profonde (1400 mètres), on peut confirmer le caractère modéré de ce relief avec une dénivellation de 60 mètres.

b-  Le climat et l’hydrographie

Le climat régnant à Penka-Michel s’inscrit dans le domaine subéquatorial caractérisé par une fraîcheur et une humidité conditionnées par  l’altitude. Le rythme des pluies partage l’année en deux grandes saisons d’inégale durée : une saison des pluies et une saison sèche. La saison  de pluies débute en mi-mars et dure jusqu’en mi-novembre. Les pluies atteignent leur paroxysme en août-septembre, période au cours de laquelle on peut enregistrer jusqu’à 345,1 mm de pluies (données de 2002). La saison sèche est la plus courte et s’étend de mi-novembre à mi-mars. En réalité, cette durée est un peu exagérée, dans la mesure où, la sécheresse ne touche profondément que les mois de décembre, janvier et février.

Quant aux températures, elles sont très proches de celles de la station de Dschang (situé à 35 km de Penka-Michel), relativement basses et constantes du fait de l’altitude élevée. L’amplitude thermique annuelle, entre le mois le plus chaud (mars : 21,5°c) et celui le plus frais (août : 18,9°c), est d’environ 2,6°c. Le tableau ci-dessous présente les valeurs ombrothermiques de Penka-Michel au cours de l’année 2001 – 2002.

Source : Délégation d’arrondissement d’agriculture de Penka-Michel, 2002   Diagramme ombrothermique de Penka-Michel c- Le sol et la végétation

On  distingue à Penka-Michel deux grands ensembles de sols : les sols développés  sur les granites et les gneiss et les sols alluviaux.

Les premiers types de sols sont généralement des excroissances granitiques des bordures de plateau. C’est le cas des sols de Baloum et ceux de la majeure partie de Bamendou. Ces sols sont peu épais, tronqués du fait de l’érosion, et offrent très souvent des aspects arides, parce qu’ils sont rocheux. Somme toute, il s’agit des sols acides, sableux ou sablo-argileux pauvres « offrant un spectacle désolant des terres réfractaires à toute mise en valeur dans une économie compétitive. »

Le second type de sols se rencontre dans les plaines marécageuses dont les principales sont : le bas-fond de Balefock (160 mètres de large) et le grand bas-fond Tchoumeka’a (100 à 150 m de large) que draine la rivière Metsué. Ces sols particulièrement fertiles sont des empilements de sédiments, des particules arrachées des sommets de collines. En période de crues, ces sols

bénéficient des dépôts de limons apportés par les cours d’eau les drainant. En dépit de la difficulté d’accès, ces types de sols tendent à devenir les plus exploités de la région.

Au regard de la forte densité de population de Penka-Michel (en moyenne 134 habitants/km2), la végétation de Penka-Michel est quasi anthropique. En effet, sous l’influence de la culture du café arabica en association avec les cultures vivrières, la forêt primitive de type biafréenne  à césalpiniacée jadis existante a très tôt laissé la place à un paysage fortement influencé par les activités humaines. Il s’agit aujourd’hui, entre autres, des bois sacrés et des lieux divinisés, d’une végétation d’arbres fruitiers (goyaviers, avocatiers, manguiers, safoutiers, kolatiers etc.) et d’eucalyptus par endroits. Par ailleurs, à l’exception des bas-fonds à raphiales, les grandes vallées jadis colonisées d’Impératacylindrica et de Pennisetumpurperum connaissent une progressive emprise du maraîchage, par la nécessité de faire face aux aléas économiques en cours dans la région. Toutefois, sous les auspices de l’ancien Projet Hauts Plateaux de l’Ouest (PHPO), quelques sommets de collines ont été reboisés d’Eucalyptus grandis, de Podocarpus et de Grevillia.

En somme, le milieu physique de Penka-Michel est favorable aux activités agricoles. C’est ainsi que le café arabica y a très vite trouvé un  cadre propice pour  son épanouissement.

1)      Le milieu  humain

En ce qui concerne le milieu humain, nous nous limitons à la description de la population et de ses activités économiques.

a- La population

            Penka-Michel en 1987  avait une population estimée à 62 610 habitants. A partir de ce total de 1987 et en supposant une progression géométrique de cette population et un taux de croissance démographique annuel de 2,8% (moyenne nationale), la population de Penka-Michel serait de 82 523 habitants en 1997 et 100 121 habitants en 2004. La méthode de calcul dérive de la formule de la projection de la population suivante :

P= P0(1 + r)t Pt =  Population à la date t, Po = Population initiale, r = taux de croissance annuelle et t = temps mis entre Po et Pt

Exemple : Calculons la population en 1997. P1997 =  P1987 (1 + 2,8%) 10 = 62 610 (1 + 0,028)10 =  82 523

Cette population est inégalement répartie entre les différents groupements de l’arrondissement d’une part et entre un sexe et  l’autre d’autre part, comme l’atteste le tableau  suivant.

Tableau 1: Répartition par groupement et par sexe de la population de Penka-Michel en 1987 et estimations en 2004

Groupement

Population totale

Population  masculine

Population féminine

1987

2004

2005

1987

2004

2005

1987

2004

2005

Bamendou

20 710

33 117

 

8 597

13 748

 

12 113

19 370

 
Bansoa

21 340

34 125

 

8 845

14 144

 

12 495

19 981

 
Baloum

6 018

9 624

 

2 492

3 985

 

3 526

5 639

 
Balessing

9 592

15 339

 

3 818

6 105

 

5 774

9 233

 
Centre Urbain

4 950

7 91

5258

2 810

4 494

2626

2 140

3 422

2632

Total

62 610

100 121

65135

26 562

42 476

27755

36 048

57 645

37380

Source: Recensement général de la population et de l’habitat, 1987 et Estimations

Au regard de ce tableau, la population de Penka-Michel a augmenté de 37 551 habitants en 17 ans, soit une  augmentation  de 2 209 habitants par an. Il s’agit d’une population essentiellement agricole qui en 2002 comptait  84 261 actifs agricoles.

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